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 Are you like medicine or poison? [PV Jun Ho]

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Mer 20 Juin - 3:22
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Are you like medicine or poison?
Aperçu de sa tenue (mais avec des chaussures fermées)

Tiffany avait beaucoup changé ces dernières années, elle en avait fait du chemin depuis qu'elle avait quitté le Québec, mais surtout depuis qu'elle avait rompu avec Jun Ho. Apprendre qu'elle allait bientôt accoucher avait été une grosse claque de la part de la vie! La jeune femme s'était alors sentie sur le bord du gouffre. Sa grossesse était trop avancée pour qu'elle ne se fasse avorter, mais... que faire? Ce ne pouvait pas être l'enfant de 56 personnes. Ce ne pouvait être qu'un petit être qui ressemblerait fort possiblement à cette personne qui lui avait brisé le cœur pour mieux le piétiner et mettre en feu les miettes. Avait-elle pensé à le donner en adoption? Franchement, oui. Elle n'en était pas fière, mais, elle ne savait pas si elle aurait la force nécessaire pour l'élever. Tiffany ne voulait pas que l'enfant ne souffre de ses sentiments qui avaient été malmenés, elle ne voulait pas faire comme ces parents qui voient l'être qui les a laissé dans leur enfant et donc déversent leur rancoeur sur le petit être. Puis, si elle le faisait adopter, sa famille n'aurait besoin de rien savoir. Ce serait plus simple, moins d'embrouilles... Moins de regrets, cela dit? Son cœur se serrait irrémédiablement lorsqu'elle pensait abandonner ce petit être qui avait décidé de jouer à cache-cache en elle, afin d'être sûr de vivre. C'était son bébé après tout, c'était elle qui l'avait protégé de ce monde et qui l'avait gardé bien au chaud pendant tous ces mois... Certes, elle n'en avait pas eu conscience, autrement, elle aurait fait beaucoup plus attention à ce qu'elle mangeait et n'aurait pas bu plusieurs litres de soju... Mais ça ne changeait pas la réalité. Ce petit bambin allait être une partie d'elle aussi... Il allait grandir et se demander pourquoi sa mère ne l'avait pas gardé. Il allait peut-être souffrir de l'abandon d'une mère qui aurait pourtant pu s'occuper de lui, si elle avait eu le courage de se prendre en mains.

Non, elle n'avait pas pensé une seconde aller voir Jun Ho pour lui partager la nouvelle. C'était peut-être cruel, mais il avait été assez clair lors de leur dernier échange... Puis, retourner le voir, environ un mois après pour lui dire qu'elle était enceinte? Et puis quoi encore? Tiffany avait un peu de fierté, elle ne voulait pas avoir l'air de la désespérée qui se sert de cette excuse pour ravoir son copain! Surtout un petit ami gay... Elle, elle pouvait bien servir de couverture à Jun Ho. La québécoise comprenait que les homosexuels ne sont pas bien acceptés en Corée et que d'être avec elle lui sauvait la mise, en apparences, mais... elle ne voulait pas que son bébé ne devienne un mensonge de plus. Non, cet enfant n'allait pas naître pour améliorer une image quelconque. Il allait naître et grandir avec des personnes qui l'aiment, mais pas dans un cadre factice. Tiffany souhaitait une vie douce et authentique pour son enfant. Quelque chose de léger, plein d'amour, quelque chose qu'elle n'avait jamais eu. C'est en ayant ce désir à cœur qu'elle avait décidé de le garder. La jeune femme voulait s'assurer que ce bébé ne manquerait de rien. Ses parents n'avaient jamais trop pris le temps de lui accorder de l'attention, elle n'était pas aussi parfaite que son aîné et sa santé n'était pas frêle comme celle de sa cadette. Tiff avait donc souvent passé à la trappe. Au final, elle avait fait pas mal n'importe quoi, essayant d'avoir leur attention... ça avait fonctionné? Oui et non. Puis, quand ça avait fini par le faire, ça n'avait pas été très positif... Ils avaient accepté de l'aider à conditions qu'elle ne fasse plus d'erreurs. À la prochaine erreur, ils la résiliaient de l'arbre généalogique et la déshéritaient officiellement. Donc, même si elle se prenait en mains, sa relation avec ses parents n'allaient pas sincèrement mieux.

Souhaitant que son fils ait toutes ses chances dans la vie et qu'il ne soit pas rejeté par sa faute, Tiffany avait menti en disant qu'il était le fils de son nouvel ami, Hyun Jae. Le malheureux étant le seul homme présent lors de la visite de ses parents, elle n'avait pas réfléchi et l'avait présenté comme son mari et père du bébé. Ses parents étaient ainsi rassurés et ne les rejetaient pas, elle et Chul Hei. Ses parents savaient seulement qu'elle était en relation avec un homme depuis quelques mois, ils n'avaient visiblement pas fait attention à son nom et Tiffany ne leur avait jamais envoyé de photo. Heureusement pour elle, sa tante et son oncle sont plus cléments que ses parents, à croire qu'ils n'ont aucun lien de parenté, alors que oui. Sa tante et son oncle savaient bien que Hyun Jae n'était qu'un nouvel ami apparu dans le décor, tout récemment... Ils se doutaient aussi que le bébé était celui de Jun Ho, mais ils ne dirent rien, comprenant la situation. De son côté, la québécoise changea plusieurs de ses habitudes de vie, prenant un rythme de vie plus sain. Les nuits étaient longues, éreintantes et difficiles, il lui arrivait de se mettre à pleurer avec Chul Hei, complètement à bout et épuisée. Elle adorait son bébé, mais le poids des mensonges plus ou moins complexes, les journées à essayer de bien faire démarrer son entreprise, les nuits à s'occuper du bébé seule... Le tout lui demandait énormément d'énergie, de l'énergie qu'elle n'avait pas toujours. Afin de ne pas nourrir de ressentiments envers ce petit être qui partageait certains traits avec la dernière personne qui lui avait brisé le cœur, Tiff avait décidé de ne plus penser au passé et de ne se concentrer sur le présent et le futur. C'est grâce à Chul Hei qu'elle commença ainsi à être optimiste et à ne plus se torturer avec le passé. Si elle ne faisait qu'avancer avec lui à ses côtés, tout irait bien, elle le guiderait de son mieux et ils allaient être heureux tous les deux. Le principal, c'était son bien, son petit bonheur, son sourire rayonnant. C'était ça que d'être mère, selon elle, faire passer le bien de son bébé avant le sien et c'est ce qu'elle fit toujours.

Même si tous les jours n'étaient pas faciles, Tiffany souriait toujours et cachait la fatigue derrière crèmes et maquillage. Personne ne pouvait se douter de ce qu'elle supportait toute seule. Son entreprise était littéralement florissante, grandissant doucement mais sûrement. Les habitués grandissaient en nombre, appréciant tous l'ambiance familiale et chaleureuse de la boutique. Beaucoup trop d'entre eux s'attachèrent au petit Chul Hei, prenant l'habitude de lui apporter friandises, petits gâteaux ou autres petites attentions qui ne coûtaient rien mais lui faisaient trop plaisir. La québécoise trouva du courage dans sa vie et apprit à relever la tête sincèrement, fièrement et à vivre mieux qu'avant, à trouver son petit coin de bonheur. Aujourd'hui encore, son sourire illuminait sa boutique alors qu'elle discutait avec ce couple de personnes âgées qui venaient depuis l'ouverture de Wild Flower. Leur fille venait d'accoucher de son second enfant et ils venaient lui acheter un bouquet, avant d'aller la visiter à l'hôpital. Tiffany connaissait plutôt bien la nouvelle maman, puisqu'elle était aussi une cliente et elle se fit un plaisir de lui faire un magnifique arrangement floral, ajoutant quelques fleurs en cadeau de sa part. Elle fit promettre au couple de partager ses félicitations à leur fille et de lui dire de venir la voir avec le bébé. Chul Hei étant gaga des autres bébés, il deviendrait plus que sûrement son ami en moins de deux! La québécoise riait ensuite en racontant le dernier ''spectacle'' que lui avait fait son adorable fils, alors qu'il ne voulait pas dormir et dansait devant la télévision encore à 21h, la veille. Parfois, elle se demandait s'ils essayaient vraiment de leur faire dépenser leur énergie, au jardin d'enfants, ou pas. Parce que si oui, Chul Hei devait avoir une quantité infinie d'énergie et ses éducateurs n'arrivaient pas à en venir à bout!

Elle encaissa ensuite le couple qui lui demanda des nouvelles de son ''mari'', comme à chaque fois qu'il voyait la photo de ''mariage'' du ''couple'', près de la caisse. Il y avait quelques petits cadres contenant diverses photos, une du ''couple'', une photo de la jeune femme et son fils, une petite photo d'elle avec Min Soo (en réalité, Jun Ho était aussi sur la photo, mais elle l'avait plié pour qu'on ne le voit pas). Tiffany affichait un sourire rempli de tendresse, affirmant que son âme sœur se portait bien. Elle avait pris l'habitude de le surnommer ainsi. Les gens avec qui elle discutait trouvaient tous ça trop adorable de sa part et, elle, elle pouvait se dire qu'ainsi elle ne mentait pas trop... Ça allégeait ''un peu'' sa conscience. Hyun Jae est vraiment son âme sœur, mais dans le sens fraternel du terme. S'il n'avait pas été là pour l'aider, sa vie aurait probablement été toute autre et beaucoup plus difficile. Grâce à sa gentillesse, elle avait un ''mari''. Chose plus qu'importante dans cette société coréenne où les mères célibataires ne sont pas du tout bien vues... Sans parler du fait que ses parents l'auraient fort sûrement renié, s'ils avaient su la vérité. Tiffany était donc convaincue d'avoir fait la bonne chose, puis au final, ça ne les engageait pas réellement en rien... Hyun Jae était libre de faire sa vie comme il l'entendait puisque la famille de la québécoise résidait toujours à Montréal. Elle ne faisait que lui demander d'être présent, de temps en temps, lors des visites de sa famille, pour sauver les apparences. Elle avait lancé un petit « Bonjour~ » distrait, puisqu'elle était encore avec le couple lorsqu'elle entendit quelqu'un d'autre entrer. Son employé n'était pas arrivé encore, il était trop tôt, donc elle gérait la boutique toute seule. La personne qui allait prendre la relève pour la fermeture n'arriverait que plus tard, environ 30 minutes avant la fin de la journée de Chul Hei au jardin d'enfants. Ainsi, elle avait le temps de faire un petit topo, si nécessaire et d'aller chercher son fils, tranquille ensuite.

Le couple la remercia encore, la complimentant pour son magnifique travail et lui promit de passer ses messages. Elle les salua chaleureusement, puis prit le pot de fleurs qu'elle avait laissé sur le comptoir, plus tôt, pour les accueillir. Tiffany se disait qu'elle pouvait bien prendre quelques secondes pour le ranger à sa place avant d'aller voir l'autre client.

-« Je suis à vous dans quelques... » commença-t-elle sur un ton chaleureux, s'arrêtant en voyant qui était le client.

D'ailleurs, elle ne fit pas que s'arrêter au milieu de sa phrase... mais aussi de son mouvement et le pot de fleurs lui glissa des doigts, venant se fracasser bruyamment contre le sol. Les yeux aussi ronds que ses jolies lèvres roses, elle fixa le fantôme quelques secondes avant de se ressaisir. Tiffany secoua vivement la tête et baissa les yeux sur le cadavre du pot qui était éparpillé un peu partout.

Ah fuck... » lâcha-t-elle avec son accent québécois qui ressortait toujours lorsqu'elle parlait anglais ou français.

Quel beau gâchis. Elle devrait tout ramasser et retransplanter cette plante... Mais le principal serait de ne laisser aucun bout de terre cuite brisé, puisque Chul Hei joue beaucoup trop souvent dans la boutique et qu'elle allait probablement repasser avec lui, plus tard. La québécoise tourna les talons pour retourner au comptoir qui n'était qu'à quelques pas. Elle prit la théière qui y était posée et versa de son contenu dans une jolie tasse de porcelaine ornée de peintures faites à la main de fleurs multicolores. La fleuriste reposa la théière et souleva la cloche à desserts, y prenant un cupcake sur lequel le glaçage formait une jolie fleur rose qu'elle déposa dans une petite soucoupe. La tasse dans une main et le cupcake dans l'autre, elle inspira profondément, cherchant son professionnalisme pour ne pas mal réagir. Tiffany se disait qu'il devait s'être trompé de lieu... mais bon, elle avait trop travaillé pour cette boutique pour tout gâcher en le traitant mal. Si un autre client entrait et voyait ça, ce serait mauvais...

-« C'est un thé blanc très doux à la fleur de cerisier, accompagné d'un cupcake à la fleur d'hibiscus et à la cerise... Je m'occupe du dégât avant que quelqu'un ne se blesse et je vous aiderai à … choisir vos fleurs... » dit-elle en lui tendant la tasse et la soucoupe.

Tiffany accueillait toujours ses clients avec un thé et une friandise ou confiserie aux fleurs, ça rendait la visite plus agréable et montrait qu'on pouvait utiliser les fleurs de diverses manières. Elle était plus que confuse de le voir devant elle, son cœur battait démesurément rapidement, mais elle faisait tout pour ne pas le montrer. Elle lui parlait de manières formelles, même si elle savait très bien qu'elle était plus âgée que lui. Mais bon... ne lui avait-il pas dit de ne plus jamais se présenter devant lui et ne plus lui adresser la parole? La québécoise évitait d'ailleurs de le regarder. Si elle le faisait, elle ne savait pas trop ce qu'elle allait faire. Elle avait trop longtemps renfloué cette histoire, ne se permettant pas trop de la finir pour la guérir. Avait-elle le temps de pleurer encore sur ça, alors qu'elle avait un bébé naissant sur les bras? Une partie d'elle-même était frustrée par son comportement, c'était lui qui lui avait dit de disparaître! Pourtant, c'était lui qui se présentait devant elle... alors pourquoi évitait-elle de le regarder? Elle se retint de ne pas soupirer, se décourageant toute seule. Une fois les mains libres, elle alla chercher un sac et un pot avec un fond de terre, qu'elle posa par terre à côté, pour y mettre rapidement la plante. La québécoise commença à ramasser les plus gros morceaux de terre cuite cassé, les mettant dans le sac.

-« Pour... quel genre d'événement ou quel message voulez-vous convier avec les fleurs que vous veniez acheter, aujourd'hui? » demanda-t-elle, se retenant de ne pas lui demander ce qu'il faisait là et s'efforçant plutôt de rester professionnelle.

Elle continuait de garder son ''rôle'', si on veut, de fleuriste. Tiffany sentait son cœur se comprimer dans sa poitrine alors qu'elle entendait encore les derniers mots qu'il lui avait lancé... si... gentiment... à travers une porte... C'est dire combien il l'avait ''porté dans son cœur''... trop dégoûté de sa personne pour lui dire les choses en face. C'était du passé, cela dit, aujourd'hui, il se présentait en tant que client et elle ne devait pas penser autrement. Aujourd'hui, c'était aujourd'hui. Il ne lui disait rien de cruel, donc, inutile de se remémorer ce triste événement. Cela dit, s'il osait lui dire un truc de travers... elle lui montrerait la porte. La fleuriste agissait comme si elle ne le connaissait pas, pensant ainsi respecter ce qu'il lui avait demandé. Si ça se trouvait, il allait partir sans rien dire, réalisant avec horreur son erreur. Ce ne serait pas la première fois qu'il lui ferait un truc du genre, non?
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Mer 20 Juin - 15:15
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Are you like medicine or poison ?



Tenue • | C’était fou à quel point un sourire était capable de cacher tellement de choses… Jusqu’à présent, Jun Ho n’avait fait que ça : sourire, plaisanter, s’amuser. Tous le voyaient comme une personne si vivante, si sympathique… Comme cette personne qui apportait de la joie rien que par sa présence et avec qui on appréciait être. Certains le jalousaient, l’enviaient parce qu’il semblait avoir cette vie dont tout le monde rêvait. Il effectuait un travail qui lui plaisait et qui lui permettait de gagner convenablement sa vie… Il était plutôt bel homme, était bien entouré, prenait soin de lui et la plupart le pensait marier. Comment un tel garçon ne pourrait-il pas l’être alors qu’il avait déjà tout pour lui ? Seulement, on se trompait sur l’individu qu’il était… Qui le connaissait réellement au bout du compte ? Personne. Son existence s’était arrêtée ce jour où tout s’était écroulé, ce jour où ils étaient allés sur le terrain et qu’on lui avait retiré brutalement son meilleur ami. Qu’est-ce que c’était stupide de vivre inlassablement dans le passé et de rester clouer au sol plutôt que de se relever ?! Il n’était pas aussi courageux qu’il n’y paraissait… Il n’était qu’un faible, qu’un lâche et cela faisait bien longtemps désormais que l’ancien officier avait abandonné l’idée de se battre. La vérité était que lorsque Min Soo avait perdu la vie, son temps à lui s’était mis sur pause et il n’avait jamais su comment faire pour le relancer… Faire son deuil ? Il n’y parvenait pas. C’était trop dur, c’était accepter la réalité que si son camarade était parti, c’était à cause de lui, à cause de son insouciance… C’était se brûler un peu plus les ailes et se laisser mourir de culpabilité. Jun Ho n’avait jamais cessé de s’en vouloir, rêvant de ce moment chaque nuit, et même chaque jour quand il ne faisait rien d’autre que tergiverser encore et encore. On pouvait lui en vouloir d’être aussi idiot, lui en vouloir d’avoir tourné le dos au monde entier toutefois personne n’était en mesure de comprendre sa peine. Puisque ce n’était pas n’importe qui qui devait supporter le douloureux souvenir d’un ami, d’un frère qui a échappé son dernier souffle dans nos bras… C’était un poids lourds et tellement atroce que le jeune homme devait porter.

A l’époque, on les enviait tous les deux. On enviait leur amitié et leur complicité au point même où certains doutaient de l’authenticité de leur relation… Pourtant, c’était vraiment ainsi qu’elle était. Ils étaient deux amis incroyablement proches, deux amis qui se seraient battus au périple de leur vie pour le bien de l’autre. Ils vivaient dans leur propre bulle, étaient inséparables et quiconque essayait d’y rentrer, se sentait automatiquement délaisser. Quand on les observait de loin, on avait le sourire, on admirait cette amitié qui semblait inébranlable… Jamais, ils ne se disputaient, au contraire, ils se comprenaient mieux que personne. Parfois, ils n’avaient même pas besoin de se parler, ni de se voir, pour savoir ce à quoi l’autre pensait, ce qu’il ressentait et s’il allait bien. Normal qu’après tout ça, on puisse remettre en question la véracité de leur relation et se demandait s’il ne s’agissait que de la pure amitié. Qui aurait pu comprendre sans même l’avoir vécu, hm ? A ses yeux à lui, Min Soo n’était pas n’importe qui. Il ne l’avait jamais été. Il était le premier vrai ami que Jun Ho s’était fait, le premier à l’avoir accepté malgré sa vie misérable… Il était le premier à l’avoir rassuré, à l’avoir encouragé et à être resté à ses côtés quoi qu’il arrive. Sa famille était devenue la sienne… Non, ils n’étaient pas liés par le sang mais dans le cœur du jeune homme, c’était tout comme. Son ancien coéquipier était ce frère qu’il n’avait jamais eu, il était tout ce qu’il aurait désiré avoir mais qu’il n’avait jamais eu. Min Soo lui avait donné la chance d’avoir une vie convenable et chaleureuse… Il lui avait donné un toit mais surtout, il lui avait donné une famille. Bien qu’il ne lui ait jamais dit, par fierté probablement, Jun Ho s’était toujours senti redevable de tous ces cadeaux que son meilleur ami avait pu lui faire, de ce bonheur qu’il lui avait fait connaître et à cette époque, mentalement, il s’était promis de lui revaloir tout ça… Il n’en avait jamais eu le temps. Qu’avait-il fait de bon pour lui ? Il l’avait incité à faire l’académie de police en sa compagnie et il l’avait « tué ». Etait-il vraiment censé se pardonner après ça ? A chaque fois qu’il y songeait, il regrettait… Il regrettait tous ses actes, tous ses mots qu’il n’avait jamais été en mesure d’avouer à haute voix à cause de sa maudite fierté. Le temps avait beau avoir passé, il n’arrivait pas à avancer. Il ne faisait que s’écroulait de plus en plus.

L’alcool ne l’avait jamais quitté, la cigarette non plus, et voilà qu’il avait dû faire un séjour à l’hôpital pour ne pas avoir fait attention aux grammes qu’il s’était enfilé. Jun Ho était exténué de tout ça, exténué de devoir se justifier et s’excuser pour être aussi pitoyable. Honnêtement, il essayait parfois d’aller de l’avant, de voir les choses du bon côté mais au bout du compte, il n’en était jamais capable et finissait toujours par retomber. On l’avait obligé à consulter quelqu’un, à voir ce psychologue qu’il n’avait jamais cherché à voir auparavant et s’il avait accepté, il se connaissait assez pour savoir qu’il n’irait pas. Tel l’idiot qu’il était, il reprenait ses anciennes habitudes, tentant de jouer toujours mieux la comédie qu’il ne le faisait avant, perdant encore plus de temps devant le miroir au matin afin de dissimuler la moindre imperfection et trace de fatigue. Une esquisse douce et chaleureuse persistait à étirer ses lèvres, cachant ainsi les profondes blessures de son cœur.

Aujourd’hui n’était pas différent des autres jours, hormis peut-être le fait qu’il avait quitté la maison plutôt que son habitude. En soit, il se réveillait toujours au milieu de la nuit sans trouver le moyen de se rendormir… Il luttait, essayait et essayait encore. Le plus souvent, il réussissait à retrouver le sommeil mais il ne dormait jamais plus qu’une heure. Ses nuits avaient toujours été très compliquées cependant cette nuit avait été plus insupportable que les autres et Jun Ho n’aurait pu dire pourquoi. Alors, sans grande motivation, il s’était levé du lit avant de partir se détendre sous une bonne douche puis de passer « trois » heures devant sa glace à se préparer. Malgré les conseils et les avertissements des médecins, il s’en était allé sans prendre la peine de manger quelque chose.

S’il était sorti, ce n’était pas pour se rendre au travail mais chez le fleuriste. C’était l’anniversaire d’une de ses collègues donc, il ne souhaitait pas arriver avec les mains vides et les fleurs, ça plaît toujours aux femmes en général. L’avantage était qu’à cette heure-ci, il n’y aurait pas trop de monde et ça l’arrangeait bien. Sauf que, ce qu’il n’avait pas prévu était que le fleuriste chez qui il se rendait habituellement était fermé exceptionnellement cette semaine et que de ce fait, il n’avait pas d’autres choix que d’en trouver un autre.
Après avoir vaguement cherché sur son téléphone, il partit en direction de sa destination qui était seulement quelques rues plus loin de l’endroit où il était actuellement…

Quand il s’était réveillé au milieu de la nuit sans être en mesure de se rendormir, Jun Ho aurait dû réfléchir et comprendre qu’il s’agissait peut-être d’une journée où il aurait mieux fait de ne pas se lever puis rester au lit. Le destin paraissait tellement aimer s’amuser avec lui ces derniers temps qu’il aurait certainement dû s’attendre à ce qu’il allait trouver en rentrant dans cette boutique. Au début, lorsqu’on le salua, il n’avait pas grandement prêté attention à l’employée qui l’avait accueilli gentiment, se contenant de sourire avant de se concentrer sur les différentes compositions exposées. Elles étaient vraiment sublimes et d’aussi loin que le jeune homme pouvait se rappeler, il avait toujours aimé les plantes. C’était relaxant, apaisant et étrangement, dans une boutique comme celle-ci, il y trouvait un sentiment chaleureux qu’il appréciait particulièrement. C’était agréable.

Concentré sur ce qu’il regardait, son corps fut pris d’un vif sur saut à l’entente de ce pot qui s’éclatait en morceau sur le sol, ses pupilles s’écarquillant sous le choc. Hors, il n’était pas au bout de ses surprises et son cœur manqua un battement tandis qu’il fixait la jeune femme qui tenait le magasin. Jun Ho en avait perdu ses mots et ses bonnes manières également… En silence, il ne faisait que regarder dans sa direction, se demandant certainement si tout ceci n’était que le fruit de son imagination ou bel et bien la réalité. S’il avait su, probablement qu’il ne serait jamais entré à l’intérieur de cette boutique, non pas parce qu’il ne souhaitait pas voir son visage, mais par respect pour celle qui avait été sa petite amie à l’époque.

Le monde était vraiment petit, c’était incroyable, même si en soit, ce n’était pas si surprenant si on se penchait sur le sujet de plus près. Tiffany parlait toujours de sa passion pour les fleurs et du ô combien, elle adorerait ouvrir sa propre boutique. Jun Ho n’avait jamais oublié et même s’il ne donnait pas l’impression de s’intéresser à ce qu’elle lui confiait, il avait toujours écouté ce qu’elle racontait. Et à présent qu’il y songeait, elle était peut-être la raison pour laquelle, inconsciemment, il avait un intérêt plus particulier pour les fleurs. C’était un sujet qu’il connaissait et indirectement ça le ramenait à une demoiselle qu’il avait sincèrement aimée mais dont il, par égoïsme et stupidité, avait atrocement fait souffrir. Dire qu’il était jeune à ce moment-là n’était pas une excuse cependant ça ne l’avait jamais aidé à agir correctement non plus. C’était de sa faute pour ne lui avoir jamais exposé clairement ses sentiments, que cela soit envers elle ou envers son meilleur ami… C’était de sa faute de ne pas avoir communiqué sérieusement et d’avoir privilégié l’amitié à l’amour. Cependant, cette décision, Jun Ho se connaissait assez pour savoir que si c’était à refaire, il reprendrait la même… Il les aimait tous les deux, énormément toutefois si Tiffany était la première personne envers qui il avait éprouvé ce genre de sentiments, Min Soo était sa seule famille. Il ne l’aurait échangé pour rien au monde et malheureusement, c’était un choix que personne ne parvenait à comprendre parce qu’ils n’avaient pas vécu ni partagé ce qu’eux avaient partagé ensemble.

Au bout du compte, le seul à savoir ce qu’il ressentait et à le connaître par cœur était son ancien coéquipier… Combien de fois s’était-il moqué de lui en lui répétant qu’il était trop mignon à être amoureux ? Sûrement qu’à cette période, il s’agissait quelque chose de tellement nouveau que Jun Ho n’avait pas été en mesure de le gérer correctement… Il n’avait pas su le préserver non plus. Pourtant, il avait sincèrement aimé cette femme qui était apparue dans leur vie d’une bien étrange manière. Elle était belle, drôle, incroyable et son sourire le faisait chavirer un peu plus à chaque fois qu’il la contemplait. Perdre son meilleur ami l’avait fait perdre toute connexion et toute logique avec la réalité… Il n’était plus lui-même, incapable de s’apercevoir ce qu’il avait autour de lui et refusant tout aide, il avait plongé dans un trou sans fin. Ce n’était pas contre elle qui ne désirait que son bien et qui avait également dû faire face à la mort de son cousin. C’était simplement qu’à cet instant là, Jun Ho avait perdu toute lucidité, il avait perdu toute envie de se battre et que tout ce qu’il souhaitait était de disparaître. La culpabilité le rongeait, le détruisait et plus qu’en vouloir au monde entier, il s’était détesté, maudit… Il n’y avait aucun mot pour décrire son état de cette période. Il ne mangeait plus, ne sortait plus. C’était à peine s’il quittait le mur contre lequel il était assis, toujours une bouteille à la main. Tiffany méritait tout un tas d’excuse pour son attitude le jour de leur rupture, pour ses paroles qu’il lui avait balancé mais dont il ne pensait pas un mot… Tout ce qu’il souhaitait était qu’elle parte au plus vite parce qu’il ne voulait voir personne, qu’il n’avait ni le cœur ni la tête à cela…  Elle lui avait donné tout son amour et il l’avait piétiné.

Pendant des années, il ne l’avait jamais revu, chacun reconstruisant sa vie de son côté cependant voilà que le destin les rapprochait de plus bel. Quel étrange hasard. Ses prunelles l’observaient en silence tandis que non, il n’avait toujours pas effectué le moindre mouvement… La surprise était grande. Ce n’était que lorsque son ex-petite amie se présenta devant lui que son regard vaqua avec plus de curiosité autour de lui, constatant ainsi qu’en effet, elle avait bien réussi. Au moins, ça, c’était une bonne nouvelle… Ses yeux s’égarèrent sur elle de plus bel quand elle s’adressa à lui et s’il n’avait pas réagi de suite, ses mains finirent par se saisir de la tasse qu’elle lui tendait. « Merci… » Rétorqua-t-il d’une voix basse, brillante d’émotion. Il était tellement choqué, il ne savait pas quoi faire. Probablement qu’il aurait été plus raisonnable de s’en aller mais ceci aurait était bien si ses jambes acceptaient de l’écouter… En vain.

De nouveau, son esprit paraissait déconnecté de la réalité… Il était là sans vraiment l’être en vérité. La tasse n’avait pas bougé de ses mains, son regard persistant à observer les moindres faits et gestes de la demoiselle sans pour autant avoir conscience de ce qu’elle était en train de faire… Ce n’était que lorsqu’elle revint devant lui et le questionna sur la raison de sa visite que le jeune homme sembla se reprendre quelque peu. « Un anniversaire. » Mais, devaient-ils sincèrement jouer de cette manière et faire comme s’ils ne se connaissaient pas, comme s’ils n’avaient rien vécu ? Peu importait la fin de leur histoire, Jun Ho ne l’avait jamais détesté... Au contraire. Et il regrettait amèrement son comportement de ce soir-là… Tout le long de leur relation, il n’avait jamais pris soin d’elle comme il le fallait, Tiffany méritait un bien meilleur traitement et s’il l’aimait sincèrement, il n’aurait jamais dû la rejeter de cette façon.

Il y avait tant de choses qu’il aurait souhaité lui dire en cet instant précis mais il ne savait pas par où commencer… Une fine esquisse borda ses lèvres, à la fois sincère et nostalgique tandis qu’il explorait une nouvelle fois les lieux du regard. « Je vois que tu as réussi… C’est bien. » Il s’agissait de ses songes qu’il avait vraisemblablement pensé tout haut mais ça n’avait pas d’importance puisque c’était ce que le garçon voulait réellement lui dire. Il était fier de ce qu’il voyait, au moins une qui avait su s’en sortir, avoir du courage et avancer. Tiffany avait choisi de faire comme si de rien était, lui n’en était tout bonnement pas capable. « Je ne pensais pas te recroiser un jour… » Ce n’était pas un reproche, loin de là. Et sans lui laisser le temps de répondre, il lui arbora un sourire plus mélancolique avant d’ajouter « Je suis désolé, je ne vais pas te déranger plus longtemps… » S’inclinant sur ses dires, il réfléchissait sérieusement à s’en aller… Oui, il avait tellement à dire néanmoins qu’est-ce que ça apporterait maintenant ? Il était préférable que la jeune femme reprenne sa vie telle qu’elle était, sans lui. « J’espère que tu vas bien, en tout cas. » Hors, malgré tout, bien qu’il ne l’avouerait pas à haute voix, il était heureux d’avoir pu la revoir. Si Min Soo pouvait la voir de là où il était désormais, probablement qu’il devait en être incroyablement fier.

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Sam 23 Juin - 4:59
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Are you like medicine or poison?
Aperçu de sa tenue (mais avec des chaussures fermées)

Tiffany ne saurait trop dire pourquoi, mais elle n'a jamais eu une vie particulièrement facile. Sa vie n'était pas un terrible calvaire pour autant, juste que... avant Chul Hei, le bonheur n'est jamais venu pour une très longue durée. Puis ces petits ''bonheurs'' avaient plus que souvent un lourd prix... La québécoise a l'impression d'avoir payer son dû plus souvent que certains ne l'ont fait. Peut-être que c'est simplement une histoire de karma ou peut-être que pour avoir Chul Hei, elle devait en passer par toutes ces épreuves. Il lui arrivait parfois de regarder son fils marcher maladroitement entre les pots de fleurs, avant qu'il ne s'arrête pour en regarder une avec admiration. Son cœur se réchauffait doucement en le voyant ainsi tendre sa petite main vers la fleur, y allant délicatement puisqu'elle lui avait souvent dit que les fleurs étaient fragiles. Il était si mignon à être en admiration devant les fleurs, puis à tourner sa petite tête curieuse pour lui demander si c'est une fleur comestible. C'était bien son fils, après tout, il avait grandi dans sa boutique, avait appris à aimer les fleurs sous toutes leurs formes et il aimait bien les goûter, lorsque sa mère lui en donnait la permission. Il arrivait à Tiffany de repenser à cet être qu'elle avait choisi de ne pas faire venir au monde, quinze ans plus tôt... Aurait-il été un grand frère joueur pour le petit Chul Hei? Une grande sœur protectrice pour le petit bambin? Elle ne le savait pas et ne le saurait jamais. La fleuriste ne regrettait pas son choix de l'époque, ses parents l'auraient très certainement mise dehors... Ses amies l'auraient laissé tomber comme elles l'avaient fait... Son amant de l'époque l'aurait rejeté de la même manière... Comment aurait-elle pu élever son enfant dans ces conditions?

Certes, elle avait parfois cette sensation désagréable de sentir son cœur se serrer douloureusement en s'imaginant Chul Hei avec le fantôme de son enfant qui n'avait pas eu la même chance. Peut-être que le bambin aurait aimé cette personne... ils auraient pu être proches... ils auraient pu rire, jouer, se taquiner, s'inventer des histoires... Tout ce qu'elle avait vu son aîné faire avec sa cadette. Tous ces jeux auxquels ils ne l'invitaient pas, parce qu'elle n'était pas assez agréable, qu'elle était trop froide ou qu'elle ne pourrait pas comprendre selon eux. La jeune femme se consolait en se disant que son fils ne semblait pas connaître la douleur et la solitude, il avait quelques amis déjà au jardin d'enfants et quand ils allaient au parc, il trouvait toujours d'autres enfants avec qui jouer. Tiffany ne peut pas effacer son passé, après tout, elle est humaine comme tout le monde... Oui, il revient la hanter à l'occasion, l'embrassant dans ses bras glacés et pleins d'amertume, de regrets, de solitude... Elle ne peut rien faire contre lui, sinon tenter de s'en éloigner en avançant toujours dans le moment présent vers le futur. Elle ne peut pas mettre sa vie sur pause, elle ne peut pas s'apitoyer sur elle-même et sur ses histoires pitoyables. Chul Hei serait-il heureux avec une maman qui le regarde, les yeux larmoyants en laissant les fantômes de son passé l'aveugler dans le présent? Serait-elle heureuse, elle-même, si elle s'empêchait de respirer et se forcerait à constamment garder la tête sous l'eau? Non et non. Le passé ne peut être changé, tout ce qu'on peut faire, c'est avancer et faire de son mieux pour ne pas répéter les mêmes erreurs.

Vivre dans le mensonge constant, toujours avoir cette peur au ventre qu'un jour la vérité ne soit découverte constituaient un présent lourd sur les épaules de la jeune femme. C'était toutefois un choix qu'elle avait fait sans hésitations, pensant au bien de son fils avant tout. Les gens la jugeraient probablement très durement s'ils venaient à apprendre qu'elle avait tout inventé et que son ami n'avait que diligemment suivi, pour l'aider. Mais que pouvait-elle faire? Élever son fils toute seule était déjà difficile en soit, si en plus les gens le savaient... ils pourraient bien raconter n'importe quoi, traiter son fils adoré différemment. Le petit entendrait n'importe quelles histoires au sujet de sa maman qui passerait pour la fille facile du quartier qui se fait engrosser par un homme qui la quitte pour toutes les horribles raisons que les rumeurs inventeraient... Qu'est-ce que Chul Hei viendrait à penser de sa mère qui faisait tout ce qu'elle pouvait pour son bien? Qu'est-ce qu'il viendrait à penser de lui-même? Que son père ne voulait pas de lui? Qu'il n'est qu'un petit bâtard né d'une union sans amour? Qu'il n'était pas désiré? Qu'il vaut moins qu'un autre parce que sa mère l'élève toute seule et qu'elle l'a eu hors lien du mariage? Non, Tiffany ne voulait pas que de telles noires pensées ne viennent inquiéter son petit rayon de soleil. Il avait été une surprise dans sa vie, certes, mais elle avait décidé de le garder et de l'aimer de tout son cœur. Il avait toute la valeur de ce monde et même de cet univers! Personne ne pouvait lui faire croire le contraire. Hyun Jae pouvait vivre sa vie tel qu'il le désirait, rencontrer des gens, sortir avec d'autres... La fleuriste ne l'empêchait de rien, même si elle osait espérer que jamais une connaissance commune qui les croit mariés ne le verrait dans une situation intime ou romantique avec une autre personne. Autrement, leur mensonge en prendrait un coup... Cela dit, elle ne voulait pas empêcher son âme sœur de faire sa vie et de peut-être rencontrer la personne qu'il aimerait.

Il serait facile de se tromper et dire qu'ainsi la jeune maman choisissait une vie de solitude pour elle-même. Tiffany ne voit pas les choses ainsi, elle se dit plutôt qu'à choisir, elle a choisi son fils. Le bonheur de Chul Hei est tout ce qui lui importe et voir son petit sourire à tous les jours est la meilleure chose au monde. Jun Ho ne le sait donc pas et en réalité ça ne change rien aux douleurs qu'il lui a infligé, mais il lui a aussi offert le plus beau cadeau qui soit. La fleuriste a choisi de ne pas nourrir de rancoeur à son égard pour le bien de leur enfant, ne voulant pas que cet enfant ne souffre de sentiments négatifs qu'elle pourrait nourrir envers son père. Au final, Jun Ho n'était qu'un être humain, lui aussi... Il avait son lot de douleurs, son lot de douceurs, son lot d'erreurs... Tiffany aurait préféré ne pas faire partie de ses erreurs, à une autre époque, mais la finalité faisait que ça en avait valu la peine. Il n'y avait pas une journée qui passait sans qu'elle n'ait une pensée pour lui. Après tout, elle le retrouvait, quelques part dans les traits de leur enfant, parfois même dans ses petites manies ou ses expressions. La québécoise se disait souvent qu'elle aurait aimé le présenter à Min Soo aussi, il l'aurait assurément adoré. Ce petit bout de bonheur sur pattes était trop attachant pour que le contraire ne soit possible. Un sourire nostalgique et triste se dessinait sur ses lèvres, lorsqu'elle se surprenait à penser que le bébé aurait probablement appelé Min Soo et Jun Ho ''papa''. Même Chul Hei aurait senti au fond de son petit cœur que son papa était plus attaché à son oncle qu'à sa mère et qu'à n'importe qui d'autre... Chose qui aurait agacé la jeune mère, puisqu'elle fait passer son fils avant tout, mais, justement, le bambin l'aurait toujours eu elle, au final, donc... tout aurait été bien. Ils auraient trouvé un moyen d'être heureux.

Sauf que la vie en avait décidé autrement, Chul Hei connaissait son oncle... en photos et en vidéos. La tante de Tiffany lui parlait plus que souvent de son défunt fils, le cœur gorgé d'amour et de fierté. Il aurait fait un oncle gâteau, elle en était convaincue! La jeune mère parlait aussi affectueusement de son cousin, racontant de douces histoires au petit, afin qu'il connaisse cette personne qui avait réussi à devenir importante dans sa vie. Elle grimaçait un peu lorsque Jun Ho était dans les vidéos, aux côtés de Min Soo... soit trop souvent. Le petit connaissait donc aussi le visage de son père, même s'il ne lui avait jamais été désigné comme tel. À quoi bon? Le petit ne pouvait pas comprendre la réalité des choses... puis, personne d'autres que sa tante, son oncle et Hyun Jae ne connaissaient la vérité. Elle était cachée pour le protéger, pour lui assurer un avenir plus tranquille, plus normal... Tiffany s'était souvent tâtée à reprendre contact avec Jun Ho pour lui faire connaître l'existence de l'enfant. Après tout... n'était-ce pas son droit? Ne serait-ce pas mieux pour Chul Hei de connaître son vrai père? Au début, elle s'était retenue, ne voulant pas avoir l'air d'une désespérée qui se sert de son fils pour ravoir un homme qui ne l'avait jamais aimé, de toutes manières. Puis, les mois avaient passé... La fleuriste avait été très prise par l'établissement de sa boutique et son bébé naissant. Une fois les choses calmées, elle n'avait toujours pas osé, même si la question la torturait. N'était-ce pas son droit de savoir qu'il avait un fils? Oui... mais... en même temps, à quoi bon? Il allait faire passer Chul Hei après le fantôme de Min Soo? Ou après son nouvel amoureux? Tiffany ne voulait pas que son enfant ne souffre d'être le second choix de son propre père. Puis, jusqu'à maintenant, son bébé était heureux, il ne manquait de rien. Jun Ho n'avait pas été là à l'accouchement, Hyun Jae avait été là. Jun Ho n'avait pas été là toutes ces nuits où le petit fendait la tranquillité de la nuit avec ses pleurs déchirants, Tiffany avait été là. Jun Ho n'avait pas été là lorsque ses premières dents avaient poussé, lorsqu'il avait eu la varicelle, lorsqu'il avait prononcé ses premiers mots, avait fait ses premiers pas... Tiffany et Hyun Jae avaient été là.

Lorsqu'elle pensait à cela, la fleuriste se disait qu'en fait, c'était elle sa mère, sa vraie mère et que personne ne pouvait lui enlever cela. Hyun Jae n'était pas son vrai père, mais il était l'homme qui s'occupait le plus de lui et qui avait été là dès les premières minutes. Ensuite, Chul Hei avait ses faux  ''grands frères'' avec Lucas, que Tiffany considérait comme un petit frère et qui était adorable avec le bambin. Il y avait aussi Han qui était un baby-sitter très attentionné qui avait réussi à amadouer la maman poule qu'elle était. Tous deux étaient trop jeunes pour être des ''oncles'', donc, le petit avait pris l'habitude de les surnommer ''grand frère''. Chul Hei avait aussi ses grands-parents maternels, qu'il voyait peu, mais qui semblaient l'aimer malgré tout. La fleuriste restait toujours sur la défensive et un peu méfiante, vis-à-vis d'eux, craignant qu'ils ne le négligent ou ne l'abandonnent rapidement. Après tout, elle est bien placée pour savoir qu'ils sont prompts à un tel comportement. Heureusement pour elle, sa tante et son oncle ne sont pas du tout comme ça et chérissent tendrement le petit miracle. La famille du petit n'était donc pas très conventionnelle... et certainement pas liée uniquement par les liens du sang, loin de là. Chul Hei semblait se développer sainement dans ce petit nid d'amour, malgré tout. Tiffany se disait donc que tout allait bien, même si une petite voix lui disait que ce n'était pas vrai... Il y avait beaucoup trop de mensonges dans l'histoire. Elle avait beau se dire que Jun Ho n'avait pas été là toutes ces années, comment l'aurait-il pu, puisqu'elle ne lui avait jamais rien dit? Elle ne lui avait pas laissé le choix? Était-ce égoïste? Oui. Très égoïste même et le père aurait tous les droits de s'en insurger, s'il venait à l'apprendre. La fleuriste lui avait dérobé ces moments importants, en pleine conscience. Et pourquoi? Parce qu'elle voulait protéger ce petit cœur fragile qui n'avait rien demandé à ce monde. Jun Ho pouvait la détester, la mépriser, la rejeter, la briser... C'était une histoire. Mais, elle ne voulait pas que son fils ne souffre, elle ne voulait pas qu'il ne soit un second plan pour personne, encore moins pour son père.

Homme qui n'avait jamais complètement quitté sa vie, puisqu'elle en voyait une partie à tous les jours et qui, aujourd'hui, se trouvait en entier devant elle. La surprise avait été telle qu'elle en avait échappé son pot de fleurs, qui s'était bruyamment éclaté contre le sol. Il semblait tout aussi choqué qu'elle, tous deux tombaient face à un fantôme... mais Tiffany croirait très difficilement qu'elle avait autant hanté son esprit que lui n'avait hanté le sien, pour des raisons plus qu'évidentes. Elle avait tenté de retrouver ses esprits, de reprendre la routine qu'elle a avec les clients, soit commencer l'expérience par un thé et quelque chose à grignoter. Qui plus est, ça lui laissait le temps de ramasser son dégât et peut-être de trouver ses mots.

-« Merci… »

Elle avait patiemment attendu qu'il ne prenne la tasse et la soucoupe. Il y avait une petite table tout près, sur laquelle se trouvait un magnifique vase rempli d'un riche bouquets de fleurs. La table était mise là spécialement pour que les clients puissent voir le genre de bouquets grandioses qu'elle pouvait faire, mais aussi afin qu'il puisse poser leurs tasses ou la soucoupe avec la confiserie ou pâtisserie, pendant l'échange. La boutique était aménagée de manière à être pratique aussi, à ce qu'on se sente chez soi, dans une jungle florissante accueillante, un jardin magique où tout peut se réaliser... C'était un lieu où on allait pour se ressourcer avant de sortir dans la jungle urbaine froide et sans pitié. Un endroit décalé où il faisait bon de s'arrêter pour respirer un peu d'air frais et fleuri. Tiffany tenait à ce que la boutique, qui était presque sa maison et donc celle de Chul Hei, ne soit un endroit où ils pouvaient tous deux se réfugier, se sentir en sécurité et en paix. C'était leur petit monde rien qu'à eux, qu'ils partageaient avec le monde... Et Jun Ho venait d'y entrer. Il y avait une place, bien que Tiffany ne serait pas la première à l'admettre avec la gaieté au cœur. Cet homme qui l'avait tant blessé y avait une place, puisqu'il était important pour Chul Hei. Elle avait bien senti son regard sur elle, alors qu'elle ramassait les débris. En réalité, Tiffany en était un peu gênée et se demandait pourquoi il l'étudiait autant. Elle savait qu'elle avait vieilli, elle avait pris quelques grammes aussi après l'accouchement... Mais ce n'était pas important. Peut-être que Jun Ho cherchait ses traits communs avec Min Soo, après tout, ils étaient de la même famille... Elle avait fini par revenir vers lui, reprenant là où ils en auraient été s'il avait été un client normal.

-« Un anniversaire. »

-« Cette personne a une fleur favorite? Une couleur préférée? Vous souhaitez offrir un bouquet ou une plante qu'elle pourra garder plus longtemps? » demanda-t-elle, continuant tout naturellement.

Peut-être était-ce pour son nouvel amoureux, pour un ami, pour un ou une collègue... Tiffany ne le demandait pas tout de suite, même si c'était une question normale à poser, afin de savoir quel genre de fleurs éviter. C'était déjà assez malaisant comme ça, pas besoin d'exagérer les choses tout de suite. Elle remarqua qu'il n'avait ni touché à son thé ni à son petit gâteau, puis remonta son regard à son visage. Elle reconnaissait Chul Hei sur ce dernier, malgré elle. Maintenant qu'il était devant elle, devrait-elle lui dire? C'était peut-être la seule et dernière fois qu'elle allait le croiser... c'était peut-être la vie qui l'envoyait pour la tourmenter lui dire qu'il était temps de lever le voile du secret qu'elle gardait depuis bientôt 4 ans... Elle sursauta en entendant son commentaire et détourna le regard, faisant mine d'observer les fleurs, elle aussi, plutôt que son visage.

-« Je vois que tu as réussi… C’est bien. »

Elle acquiesça en hochant la tête, se mordillant les lèvres.

-« Ce n'est pas comme si l'échec était un luxe que je peux me permettre, de toutes manières... » admit-elle, en marmonnant.

C'était surtout une réflexion échappée à voix haute. Jun Ho se rappelait peut-être de la pression immense que ses parents lui mettaient depuis l'autre côté de l'océan. À son arrivée, ses frasques étaient bien connues... Son oncle et sa tante étant la douceur incarnée ne l'avaient pas jugé, mais Tiffany avait été très sauvage, très sur la défensive, au début. Elle avait été habituée à devoir se débrouiller toute seule, à ne compter que sur elle-même, puisqu'on la laissait toujours tomber. Ses parents ne l'avaient aidé qu'à la condition qu'elle ne fasse plus d'erreurs. Ils lui avaient enlevé son droit d'être humaine, en quelques sortes. Son ex petit ami pouvait donc penser qu'elle parlait là de sa relation qui ne tenait qu'à un fil avec ses parents, chose qui était en partie vraie, mais c'était surtout pour Chul Hei. Wild Flower est son rêve de longue date, mais c'est aussi grâce à cette boutique que la jeune mère peut subvenir aux besoins et désirs de son petit miracle.

-« Je ne pensais pas te recroiser un jour… »

Tiffany ne comprenait pas trop la situation. C'était lui qui lui avait dit, en premier, de disparaître de sa vie, qu'il ne l'avait jamais aimé et toutes ces horribles choses... Alors, pourquoi la regardait-il ainsi? Pourquoi avait-il ce sourire nostalgique aux lèvres? Pourquoi ne faisait-il pas comme elle, soit faire comme s'ils ne se connaissaient pas? La québécoise le dévisagea, hésitant. Elle ne savait pas comment interpréter son expression, il souriait... mais elle avait l'impression qu'il y avait quelque chose derrière ce sourire. La fleuriste avait tout de même passé les six premières années de sa vie en Corée à l'observer avec Min Soo. Elle était à des univers de le comprendre comme son cousin l'avait fait, elle ne pouvait le nier. Bien souvent, son ex petit ami avait été un mystère pour elle et encore plus souvent, elle l'avait mal compris. À croire qu'ils ne parlaient pas la même langue, à l'époque. C'était probablement encore le cas, peut-être qu'elle faisait encore une erreur de compréhension avec cette impression d'ombre derrière un masque.

-« Je savais que l'on se recroiserait... c'était inévitable... mais je pensais que je pourrais choisir quand... » admit-elle en soupirant et baissant les yeux sur sa tasse de thé qu'il n'avait toujours pas touché.

Tiffany savait qu'un jour ou l'autre, elle devrait lui dire pour Chul Hei. Son fils voudrait connaître ses racines, voudrait savoir qui il est... voudrait le rencontrer. Elle pensait qu'elle aurait le temps de se préparer mentalement à cette discussion. Était-ce vraiment le moment de l'avoir maintenant? Pouvait-elle prendre la chance d'attendre?

-« Je suis désolé, je ne vais pas te déranger plus longtemps… »

Elle écarquilla les yeux, sentant les longues griffes acérées de la panique venir caresser sa gorge. S'il partait comme ça, ils ne se reparleraient sûrement plus jamais. En soit, ça ne la dérangeait pas vraiment, elle... mais Chul Hei? Était-ce vraiment le mieux pour lui? Tiffany ne se voyait pas pour autant tout lui avouer maintenant comme ça. Elle avait besoin de plus de préparations mentales, de savoir un peu plus comment il était devenu... de voir s'il prendrait bien la nouvelle... Le fleuriste détestait l'idée de devoir le retenir, craignant de se faire envoyer bouler royalement encore, mais elle le devait à son fils. Qu'est-ce qu'elle ne faisait pas pour cet enfant!?

-« J’espère que tu vas bien, en tout cas. »

-« Attends! Il n'y a pas d'autres clients dans la boutique, donc tu ne me déranges pas. Si tu sors sans rien, ce sera mauvais pour moi, les gens te verront sortir les mains vides et penseront que ma boutique n'est pas bien! » lança-t-elle inventant rapidement une excuse bidon pour le retenir.

Le langage formel était tombé à l'eau, le naturel était revenu à cause de la panique qui s'était doucement immiscé en elle.

-« Tu sais que tu peux boire le thé et manger le cupcake? Ils ne sont pas empoisonnés! Les cadavres pourraient faire de bons engrais pour les fleurs, mais les clients qui disparaissent ne sont pas très bons pour les affaires. » ajouta-t-elle même, parlant un peu rapidement à cause de la nervosité.

Elle lui lança un regard qui voulait dire ''Allez, hop! Hop! Bois et mange!''. La québécoise était déjà un peu autoritaire, de base, mais depuis qu'elle était maman, ce trait était un peu plus présent. Elle tourna la tête vers la droite, poussant un long soupir alors qu'elle passait sa main sur son front en fermant les yeux. Elle racontait même n'importe quoi maintenant! Chul Hei serait bien fier de sa maman! Tiffany reposa ensuite son attention sur celui qui fut jadis son amoureux. Pourquoi les gays étaient toujours les plus séduisants? À moins que ce ne soit la fleuriste qui avait le don d'aimer ce qu'elle ne pouvait pas avoir.

-« Savoure le thé et le petit gâteau... Trouvons le cadeau d'anniversaire parfait, puis... tu pourras retourner à ta vie normale... Tu n'auras plus à souffrir de ma présence... » dit-elle en levant les yeux vers les siens, cherchant un peu ses mots.

Tout ce qu'elle voulait, c'était un peu de temps pour trouver comment le lui dire. Non, en presque 4 ans, elle n'avait toujours pas su comment annoncer la chose. Il y avait tellement de choses en jeu... Beaucoup pour elle, encore plus pour Chul Hei... Jun Ho souriait, mais Tiffany ne pouvait s'empêcher de croire que ce n'était qu'un masque de politesse en mémoire de son cousin. C'est pourquoi elle avait directement admis qu'elle savait qu'il devait connaître de la douleur d'être avec elle. C'est pénible de se forcer à être poli avec quelqu'un qu'on déteste. La fleuriste ne le détestait pas, elle. Elle aurait bien voulu, ça lui aurait facilité la vie. Mais, elle ne le pouvait pas... c'était le père de son rayon de soleil, sans lui, il n'y aurait pas eu de Chul Hei. Sans lui, sa vie n'aurait connu aucune douceur... même si elle avait dû connaître d'horribles douleurs avant d'y avoir droit.

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Sam 23 Juin - 14:37
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Are you like medicine or poison ?



Tenue • | Est-ce que s’il avait su à l’époque ce que Tiffany pensait de leur relation ainsi que celle qu’il avait avec Min Soo, leur destin aurait été différent ? Est-ce que s’il n’avait pas gardé tout ce qu’il ressentait pour lui, cela aurait changé quelque chose ? Et surtout, est-ce que s’il avait eu connaissance de l’existence de cet enfant qui était le sien, aurait-il sombré aussi pitoyablement ? Malheureusement, on pouvait si aisément reconstruire une vie avec des « si »… Jun Ho n’avait jamais su ce que son ex-petit ami pensait d’eux autant qu’il ne lui avait jamais assez prouvé ô combien ses sentiments pour elle était sincère. Leur histoire n’avait été fondée que sur des non-dits et des hypothèses… Ce n’était pas étonnant qu’elle avait fini de manière si dramatique… Pourrait-on lui pardonner s’il disait qu’il était trop jeune à cette période, qu’il y avait des tas de choses qu’il ne connaissait pas et qu’il ne saisissait pas non plus ? Ce n’était probablement pas une excuse puisque quoi qu’on en dise, c’était vrai qu’il l’avait mise à l’écart, qu’elle passait toujours en second après son meilleur ami hors qui pouvait-il ? Qu’est-ce que les autres pouvaient comprendre de leur relation de toute façon ? Oui, il n’aurait éprouvé aucun regret à se sacrifier à sa place s’il l’avait pu… Il aurait échangé sa vie contre la sienne sans hésiter mais Min Soo n’était pas n’importe qui. Plus qu’un simple ami, il était ce frère qu’il avait toujours rêvé d’avoir et que la vie lui avait donné en cadeau. Ils se soutenaient mutuellement, dans tout ce qu’ils entreprenaient, ils riaient, s’amusaient, se chamaillaient mais jamais ils ne s’abandonnaient. Ils étaient particulièrement complices, non pas parce qu’ils étaient amoureux l’un de l’autre, mais parce qu’ils se considéraient comme de véritables frères qui n’avaient juste pas eu la chance de naître dans la même famille. Peu importait si ça n’avait pas de sens, c’était ainsi que Jun Ho avait toujours visualisé les choses… Pas une seule fois, il n’avait éprouvé une quelconque attirance ou un désir pour son meilleur ami. Ce n’était pas ça, non. Seulement, à croire qu’aux yeux du monde, il fallait toujours exagérer et voir en eux ce qu’il n’y avait pas. Certainement que c’était louche, même pour de simples frères d’être aussi proches qu’eux ne l’étaient toutefois dans la vie, n’existait-il réellement pas deux personnes d’une même famille qui avaient une relation aussi fusionnelle que la leur ? Ce n’était pas ses agissements là qui le faisaient regretter son comportement avec la jeune femme… Ce n’était pas le fait de l’avoir délaissé pour son meilleur ami mais bel et bien de n’avoir été qu’un abruti du début à la fin. Peut-être que s’il lui avait parlé à l’époque, s’il lui avait confié ses doutes et ses peurs, ses joies et ses peines, peut-être que Tiffany aurait été plus apte à le comprendre… Peut-être que même, elle aurait pu discerner ce chagrin assourdissant qui se cachait derrière les mots horribles que le jeune homme lui avait lancé au travers d’une porte… Peut-être que s’il lui avait avoué plus souvent qu’il l’aimait, s’il lui avait exprimé avec plus de facilité ses sentiments, elle n’aurait jamais cru en ses paroles de ce soir-là. Et c’était ça, que Jun Ho regrettait le plus. Il regrettait ses aveux qu’il n’avait jamais pensés en réalité mais que sous la rage et le désespoir, il n’avait pu s’empêcher de les échapper violemment malgré tout. Tout ce qu’il désirait était qu’on le laisse seul, qu’on cesse de se mêler de sa vie pendant un temps et qu’on arrête d’essayer de le rassurer alors qu’il n’avait pas le droit de l’être… Ce n’était pas contre elle ni dans le désir de lui faire du mal mais quand c’était arrivé, lui n’était pas en mesure de réfléchir sereinement. A ses yeux, lui mentir de la sorte était la meilleure chose à faire pour la sortir de son existence. Pour une fois dans sa vie, il avait voulu être égoïste et s’éloigner, plonger. Personne n’aurait pu saisir son désespoir… Non, personne. Il n’y avait pas de mots pour décrire comment il se sentait à cette époque… Il n’avait plus conscience d’où il était, il se noyait et se retrouvait déconnecté d’une réalité qu’il n’était pas prêt à affronter.

La question qu’on aurait pu se poser était alors pourquoi, quand il avait enfin pris la décision de s’en sortir et d’essayer d’avancer, il n’avait pas cherché à corriger ses erreurs d’autrefois ? Parce que, aussi stupide que cela puisse être, il n’en estimait pas avoir le droit. Tous ces gens de son passé à qui il avait tourné le dos était bien mieux sans lui… Il était rongé par la culpabilité, malgré les années, ce sentiment là ne s’était jamais dissipé et il n’avait jamais su trouver le courage de regarder en face cette famille qui n’était pas la sienne mais avait toujours agi comme tel… Parce que, quoi qu’on en dise, par sa faute, Min Soo avait perdu la vie. Il leur avait enlevé brutalement cet être qui leur était si cher et il n’était pas en mesure de se la pardonner. Jamais.

Toujours quelque peu choqué de la retrouver après tant d’années, ses yeux ne se détachaient pas d’elle tandis qu’il haussait brièvement les épaules à sa question. Il s’agissait de sa collègue, il ne connaissait rien de ses goûts ni si elle avait des fleurs qu’elle préférait plus que d’autres. Un simple bouquet ferait l’affaire… C’était plus pour marquer le coup qu’autre chose, lui s’en fichait pas mal dans le fond de ce qu’en penserait la jeune femme. Cela faisait longtemps qu’il ne s’intéressait plus à rien, qu’il se forçait à sourire pour paraître heureux alors qu’en vérité, il n’était qu’un pauvre mec, seul et par-dessus tout,  alcoolique. Donc oui, franchement, la qualité du bouquet n’avait aucune importance à ses yeux du moment qu’il n’arrivait pas au travail les mains vides.

Son regard explorait la pièce avec plus de profondeur, y notant le moindre détail et non, il n’avait pu se retenir d’émettre une remarque à ce propos. Il était sincèrement content pour elle de voir qu’elle avait réussi à réaliser ses rêves et qu’elle n’avait jamais abandonné. Tiffany a toujours été une battante et il la respectait énormément pour ça. Encore plus en ce jour puisque lui qui était vu à l’époque comme un jeune homme plein d’ambition et courageux, restait coincé dans un passé qu’il ne parvenait pas à oublier. A sa réponse, il ne sut quoi lui rétorquer donc à la place, Jun Ho préféra se taire, lui offrant un tendre sourire compréhensif. Non, il ne connaissait pas la véritable raison pour laquelle la fleuriste lui déclarait de tels mots néanmoins plutôt que s’en formaliser, lui songea que c’était tout à fait elle de répliquer ce genre de choses. Au bout du compte, elle était son opposée… Si elle tombait, peu importait à quel point la douleur était forte, elle faisait en sorte de se relever toujours… Elle ne baissait pas les bras et parvenait à puiser sa force dieu ne savait où et c’était quelque chose d’admirable. Pas tout le monde n’était capable de se comporter de cette façon, lui aurait sincèrement aimé avoir son courage, sa détermination et sa force… Il n’avait plus rien de ce garçon d’antan. Plus du tout.

Chaque mot qu’il déclarait, l’ancien officier les songeait vraiment. Non pas à cause de Min Soo ou des souvenirs que ces derniers lui rappelaient mais parce que réellement, il était nostalgique et mélancolique de la recroiser après tout ce temps. Parce qu’il se souvenait de chaque détail de leur histoire et de comment celle-ci s’était terminée… Il l’avait sincèrement aimé mais Tiffany avait grandi sans jamais savoir que ses sentiments avaient toujours été vraies… Il avait piétiné son amour, il l’avait fait souffrir comme personne alors qu’elle était celle qu’il aurait dû chérir plus que tout au monde. Au lieu de la faire sourire, il l’avait fait pleurer… Il avait créé de profondes cicatrices dans le creux de son cœur et il n’était pas certain de parvenir à les soigner un jour. « Inévitable ? » Il ne saisissait pas en quoi leur retrouvaille l’était… Si le hasard ne s’était pas immiscé entre eux, lui n’aurait certainement jamais su trouver la force d’affronter les personnes de son passé un jour… Probablement que la jeune femme avait raison, qu’avec ce qu’ils avaient traversé, ils étaient forcés de se revoir un jour mais Jun Ho était à des milliers de s’imaginer la véritable raison pour laquelle sa vis-à-vis avait déclaré cela.

La tasse toujours en main, perdu, plus mal à l’aise qu’il n’y paraissait, il s’était incliné en expliquant qu’il n’allait finalement pas rester… Et en toute franchise, il s’était attendu à toutes réactions sauf au fait que son ex-petite amie tenterait de le retenir. Surpris, il l’avait observé avec une lueur penaude naissante dans le creux de ses prunelles. C’était bien plus qu’inattendue mais, bien qu’il n’aurait pas dû, cette attitude eut le don de lui écorcher un fin sourire amusé au coin des lèvres. « D’accord, pardon, excuse-moi. » Dit-il d’un ton plus calme, sans éteindre l’esquisse qui avait étiré ses traits quelques secondes plus tôt. Son regard ne la quittait pas, pas même lorsqu’elle le « grondait » d’un ton assez autoritaire afin qu’il boit son thé… Elle était incroyable. Elle avait toujours son caractère fort et bien à elle et même s’il ne l’avouerait pas à haute voix, ça lui avait manqué. Tiffany avait été pendant un temps son petit rayon de soleil, celle pour qui il souriait rien qu’en songeant à elle et aux bêtises qu’elle rétorquait souvent… Elle était cette bouffée d’air frais qui le rendait plus léger et avec qui, malgré tout, il appréciait passer du temps. Elle était belle, charmante, unique… Elle était réellement spéciale à ses yeux mais tel l’idiot qu’il était, il ne le lui avait jamais dit. Autant qu’il ne le lui avait certainement pas assez prouvé non plus. « Je vais déguster ça, ne t’en fais pas. » Sur ses dires, il déposa le tout sur la table dédiée avant de se saisir du cupcake et d’en prendre un morceau. Hors, ce que sa vis-à-vis déclara ensuite l’interrompit dans ses gestes avant de sourire tristement… A quel point Tiffany avait-elle eu mal à cause de lui ? Il n’osait même pas l’imaginer… « Je ne souffre pas de ta présence. » Contrairement à une certaine époque, il était bien plus honnête avec lui-même… Il ne souhaitait pas retourner dans un passé qui l’avait tant marqué toutefois, il y avait des regrets qui pourrissaient son âme un peu plus chaque jour et dont il avait toujours espéré pouvoir corriger un jour… Il ne cherchait pas à être pardonné, ni à se justifier mais puisqu’ils étaient ici, ensemble, à présent, il ne voulait pas lui mentir. Il ne voulait pas qu’elle continue de penser qu’il la détestait et qu’il ne s’était jamais soucié d’elle. C’était le total opposé. « Je pensais que toi, tu souffrirais de ma présence. Alors, c’était plus raisonnable. » Il lui afficha un sourire désolé sur ses propos, déposant le reste du gâteau qu’il tenait dans son plat. « Je n’ai pas envie de te blesser plus que je ne l’ai déjà fait. » Ses paroles étaient sincères… Il regrettait plus que tout la fin de leur histoire et de ne pas avoir pris soin d’elle comme il aurait dû le faire. Une autre preuve comme quoi, il n’avait jamais été fait pour elle. Tiffany méritait tellement mieux et il espérait sincèrement pour elle qu’elle était heureuse dans sa vie désormais.  


panic!attack


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Mer 4 Juil - 22:33
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Are you like medicine or poison?
Aperçu de sa tenue (mais avec des chaussures fermées)

Souvent, la vie est drôlement faite et elle a ce don insupportable de ne pas laisser les choses aller comme on le souhaiterait. Non. La vie, c'est un peu cette amie casse-pied et bête qu'on aime bien malgré tout... Elle est maladroite, chose qui la rend cruelle, à l'occasion, mais on n'a pas vraiment d'autres choix que de lui pardonner. Encore une fois, la vie avait réussi à faire une bêtise en lui envoyant Jun Ho, sans prévenir. Tiffany savait bien qu'ils allaient se revoir, ce n'était qu'une question de temps... Mais elle avait pensé pouvoir le choisir, ce temps. Ça allait sûrement être bientôt, puisque Chul Hei poussait plus vite qu'un buddleia ! La québécoise ne pouvait pas se permettre d'attendre mille ans, le petit deviendrait grand... L'histoire deviendrait plus compliquée... Elle était terrifiée en pensant aux réactions que pouvait avoir Jun Ho, c'était son premier frein. Mais, s'il réagissait mal, mieux valait que ce soit pendant que le petit était trop jeune pour vraiment comprendre la situation. Ainsi, il en souffrirait moins, non? S'il réagissait bien, mieux valant que ce soit rapidement aussi. De cette manière, ce briseur de cœur pourrait profiter lui aussi de son petit rayon de soleil. Bon, en réalité, elle ne pensait plus être si amère sur leur rupture... Tiffany était surtout triste de la manière dont les choses s'étaient terminées. Elle regrettait ce qu'elle lui avait dit. Elle avait les émotions dans n'importe quel état, à cause de la grossesse dont elle n'avait pas connaissance, son cousin qu'elle adorait venait de mourir, elle a toujours été une personne à s'enflammer rapidement... Cela dit, Jun Ho aussi devait être en souffrance, à cette époque. Avec le recul, elle pouvait comprendre... Elle avait dû paraître envahissante et collante, alors qu'il venait de perdre la personne qu'il aimait le plus. Il n'avait pas besoin de cette petite amie factice puisqu'il n'avait plus de relation à cacher. Sa tante avait beau dire qu'ils avaient été comme des frères, des jumeaux, des inséparables... peu importe ce qu'elle voulait, la québécoise se disait que sa tante tentait ainsi de la consoler.

Tiffany l'avait aimé cet imbécile. Sincèrement, tendrement, maladroitement... un peu comme la vie qui s'écoule. Elle l'avait fait, mais rien n'avait été comme prévu. Du début, à la fin, rien n'avait été comme elle avait pensé que ça irait ! Il faut dire qu'au début, elle ne l'aimait pas... Ce n'était donc pas du tout prévu d'en tomber amoureuse ! Elle qui avait passé ses premières semaines à sourire, mais lui envoyer des piques, ne cachant pas qu'elle ne l'aimait pas trop. Tiffany en avait mangé des salades avec des pétales de pensées et des bols de ramen en marmonnant que Jun Ho était un idiot ! Son sale petit sourire, son regard qui s'illuminait quand il parlait de ce stupide passe-temps qu'il avait, ce rire de dadais qu'il avait ! Elle n'arrivait pas à le voir en peinture, au début... puis... elle s'était surprise à penser de plus en plus à lui, à sourire en entendant ce rire qu'elle avait tant critiqué. Puis, à rêver de son sourire et espérer le voir plus souvent... à sentir son cœur accélérer son rythme en croisant son regard brillant... La québécoise avait tellement détesté sentir et remarquer ces changements en elle ! Elle avait tant tenté d'étouffer ses sentiments naissants, de les cacher, de ne pas les avoir ! Tiffany avait même essayé de sortir avec un autre jeune homme, se disant que si elle était dans une relation, ses sentiments pour l'idiot d'amoureux de son cousin passeraient ! Mais non, ils étaient aussi imbéciles que l'élu de son cœur. Ça n'avait pas marché et sa relation n'avait pas duré bien longtemps... Au final, elle n'était pas certaine que son petit ami l'aimait vraiment non plus. À peine l'avait-elle laissé, dans un café, qu'il était déjà au téléphone à rire et sourire lorsqu'elle l'avait croisé à l'arrêt d'autobus. Événement qui avait été assez malaisant. La jeune femme en avait été blessé, même si elle n'était pas amoureuse de lui, elle avait eu de l'affection pour lui. Être oubliée et déjà de l'histoire ancienne, en moins de dix minutes, encore une fois... ça n'avait pas été des plus agréables. Tiffany était rentré et avait vidé quelques bouteilles de soju en criant sur les films romantiques qui jouait à la télévision. C'était une honte que de faire croire de telles choses aux spectateurs ! Bon, la québécoise avait semé son propre malheur en essayant de s'embarquer dans cette relation, elle avait été conne, elle l'admettait bien. Mais, cet imbécile, il n'aurait pas pu attendre d'être chez lui avant de s'afficher avec un si grand sourire et murmurer des mots doux à son téléphone ! C'était la moindre des choses, non !

Le lendemain matin, sa tante était venue la réveiller pour... Tiffany ne savait plus trop quoi. Elle était encore un peu dans les vapes, en réalité. Sa tante l'avait envoyé sous la douche et avait tout rangé son bordel, elle l'avait coiffé convenablement, lui avait choisi des vêtements et lui avait mis des lunettes de soleil. Cachets et verre d'eau enfilés, la québécoise n'avait eu d'autres choix que d'affronter le monde d'insensibles et aller à ce déjeuner en famille. On l'avait un peu taquiné sur son manque d'énergie et la sale mine qu'elle avait malgré tous les efforts de sa tante. Contrairement à son habitude, elle n'avait pas trop répliqué, elle avait surtout ignoré les gens. Elle n'était pas d'humeur à se prendre la tête. Encore moins envie d'expliquer son histoire, qui, pouvait se résumer à : elle avait fait une bêtise et ça lui était revenu dans la gueule. Les choses s'étaient tassées, elle avait rapidement repris du poil de la bête, décidant de ne pas laisser un imbécile de plus ruiner son moral ! Cela dit, elle l'avait recroisé, environ deux semaines après, alors qu'elle était avec Jun Ho et Min Soo. Tiffany s'était poliment excusé à ses compagnons et était allé voir son ex, qui était avec sa nouvelle petite amie... Enfin, pas si nouvelle, apparemment, il était déjà avec elle quand il était sorti avec la québécoise ! Alors qu'il lui avait dit être libre comme l'air ! Déjà, qu'elle ait cru qu'il l'ait remplacé en deux secondes était une chose... mais qu'il est fait d'elle sa maîtresse ! Ça, c'était trop ! Alors que la petite amie de son ex criait sur ce dernier, choquée par son infidélité et son manque de cœur, Tiffany lui avait mis un bon coup de poing dans la gueule. Douce vengeance. Enfin, pas si douce, les os un peu replacé par la chirurgie esthétique de son visage étaient durs contre sa petite main ! Elle avait grimacé en secouant sa main endolorie, mais avait rapidement retrouvé le sourire, alors qu'elle souhaitait une bonne soirée au couple abasourdi... Son ex chialait parce que son nez saignait et... sa petite amie lui criait des bêtises, plutôt que de le soigner. La québécoise était retourné aux côtés de son cousin et l'amoureux de ce dernier, comme si de rien n'était, sereine et souriante. Elle leur avait pris chacun un bras, puis avait repris le chemin qu'ils empruntaient.

Le caractère de merde qu'elle pouvait avoir, à l'occasion... Quand on y pense ainsi, Jun Ho avait eu de la chance de n'avoir droit qu'à des mots tranchants et des repas maison balancés contre sa porte. Tiffany n'avait jamais regretté avoir frappé le prédécesseur de Jun Ho, mais elle avait regretté son comportement avec lui. Il n'avait probablement pas eu besoin de ça en plus de ce qu'il vivait déjà.

-« Inévitable ? »

-« Hmmm. » fit-elle d'abord en hochant la tête avec conviction.

Elle devrait lui dire pour Chul Hei, un jour ou l'autre. Bientôt même... mais elle pensait pouvoir choisir où, quand et comment lui dire... pas seulement la dernière partie. Elle se retint de ne pas lui lancer une mauvaise blague selon laquelle il ne pouvait pas rompre si horriblement avec elle et s'en sortir si doucement... Il avait déjà été témoin du sort qu'elle réservait aux imbéciles qui lui faisaient du mal. Cependant, elle n'en dit rien. Ils n'étaient pas dans une relation où ils pouvaient rire de cet épisode de leur passé commun. La preuve, Jun Ho parlait déjà de s'en aller... Normalement, Tiff n'était pas vraiment du genre à retenir désespérément les gens dans sa boutique. Elle ne les forçait pas tous à acheter quelque chose non plus, mais là... c'était différent. Elle n'avait pas eu le temps de lui dire ce qu'elle devait lui annoncer. Cela dit, la québécoise ne se voyait pas le lui dévoiler directement comme ça, comme un cheveux gras sur la soupe ! Elle ne comprit pas trop pourquoi il avait un tel regard. Il n'avait pas l'air dégoûté ou importuné par le fait qu'elle ne le retienne, non plutôt, surpris... ça, c'était compréhensible, mais pourquoi cet air penaud? Son sourire l'avait encore plus étonnée, la plongeant encore plus profondément dans la confusion. Quand était la dernière fois qu'elle avait vu cet éclat amusé sur ses lèvres? À vrai dire, elle ne pensait pas le revoir un jour...

-« D’accord, pardon, excuse-moi. »

Elle avait ajouté une bêtise comme quoi les cadavres ne faisaient pas de la bonne publicité. C'était bien son genre de dire une ânerie pareille ! Encore plus de lui intimer de se nourrir comme si de rien n'était. Parce que bien évidemment que la fleuriste ne se permettait pas d'être si autoritaire avec tous ses nouveaux clients ! À l'occasion, quand ils la saoulaient à ne pas savoir ce qu'ils voulaient, elle trouvait ce qu'ils voulaient pour eux, leur faisant croire que c'était leur idée. Non, là... c'était simplement le naturel qui avait refait surface... Peut-être parce qu'il avait les mêmes traits que leur fils, qu'elle voyait à tous les jours et à qui elle répétait toujours de bien se nourrir. Peut-être parce qu'elle n'avait jamais perdu son côté casse-pieds avec lui, même si elle avait tenté de s'adoucir pour lui plaire davantage... et que ce sourire amusé l'avait perturbé.

-« Je vais déguster ça, ne t’en fais pas. »

Elle fut soulagée de le voir coopérer, mais se refusa de penser à ces années où elle avait souvent cuisiné pour lui et Min Soo. Une petite partie d'elle espérait qu'il aime toujours ce qu'elle préparait, mais... en même temps... qu'est-ce que ça changerait? Pourquoi se soucier de cela?

-« Chul... » commença-t-elle avec un sourire rempli de tendresse, par habitude, avant de se rendre compte de sa folie. « Ils sont très appréciés... en général. » se corrigea-t-elle immédiatement, en baissant les yeux.

Elle allait dire que Chul Hei en raffolait, chose qui est vrai. Mais... était-ce la bonne manière de lui dire qu'il avait un fils? « Hey ! Tu as un fils de trois ans, bientôt quatre, qui aime ces cupcakes ! Je me demande s'il tient ça de toi ou de moi ! » Non, c'était trop bizarre. Tiffany se sentait toujours plus nerveuse, sachant qu'elle devrait lui dire... mais ne sachant pas comment. Elle avait fini par s'éloigner un peu, tentant de se soustraire à ce regard qui ne la quittait pas. Elle ne comprenait d'ailleurs absolument pas pourquoi. La québécoise avait été prendre un petit pot de fleurs, des pensées pour être plus exacte. Elle le tenait délicatement d'une main, tirant doucement sur les pétales de fleur qu'elle portait nerveusement à ses lèvres. Tiff avait toujours eu cette habitude de manger, lorsqu'elle était stressée. Elle avait simplement remplacé sucreries et pâtisseries par des fleurs comestibles. Sa ligne en pâtissait moins et elle donnait un exemple plus santé à son fils qui l'imitait. Elle était revenu vers son client bien spécial et avait voulu le rassurer, en lui disant qu'il ne souffrirait pas très longtemps de sa compagnie.

-« Je ne souffre pas de ta présence. Je pensais que toi, tu souffrirais de ma présence. Alors, c’était plus raisonnable. Je n’ai pas envie de te blesser plus que je ne l’ai déjà fait. »

Elle le regarda, silencieuse, surprise et incertaine d'avoir bien compris. Pourquoi lui disait-il ces choses? Il avait l'air sincère, c'était probablement le plus déroutant pour elle. Elle hocha la tête, préférant ne pas trop se casser la tête.

-« Continue de manger ce cupcake... sinon, je ne pourrai pas te croire, en plus d'avoir l'impression d'avoir tué quelqu'un... alors que je voulais simplement faire état de l'éléphant dans la pièce... » soupira-t-elle en se rapprochant un peu de lui.

Tiffany tendit sa main libre vers la sienne, venant tout doucement pousser sur sa main pour l'aider à reprendre ses mouvements et rapprocher le cupcake de ses lèvres. Elle faisait la même chose à Chul Hei, d'ailleurs, l'invitant à continuer de manger quand il faisait de trop longues pauses pendant les repas pour X raison. La nourriture ne remplit pas les trous de l'âme, elle le sait bien, mais ça peut adoucir les moments et les rendre plus agréable. Ce n'est pas pour rien que les gens s'invitent au restaurant pour des rendez-vous amoureux ou qu'ils insistent pour les repas en famille. C'est un moment partagé avec l'autre, mais c'est un moment qui tourne autour de la nourriture. Tout le monde aime manger – ou presque – manger peut avoir un grand effet sur les humeurs.

-« Tu as perdu tellement de poids que j'ai l'air obèse à côté de toi... » marmonna-t-elle son regard se baladant sur les traits mincis de son visage, en retirant lentement sa main de sous la sienne.

Elle se permettait de faire ce genre de remarques. C'était probablement déplacé de sa part... Mais Jun Ho pouvait aussi y comprendre que malgré tout, elle s'inquiétait pour lui. Tiffany répondrait que son instinct maternel l'avait déréglée et l'avait rendu plus sensible aux autres, mais ce n'est pas tellement vrai. Elle était triste de le retrouver si maigre et avec ce drôle de regard. Il n'était pas l'homme éclatant et plein de vie qu'elle avait connu... Il avait l'air d'aller bien, peut-être avait-il trouvé un nouvel amoureux, mais il avait quelque chose de changé... quelque chose d'un peu triste, selon elle. Peut-être s'imaginait-elle n'importe quoi, peut-être qu'il allait bien et que c'était sa propre tristesse inavouée qu'elle lui prêtait. Un sourire découragé se dessina sur ses lèvres. Était-ce lui qui la décourageait? Était-ce elle-même qui se décourageait? Peut-être les deux.

-« Tu es toujours aussi idiot, hein? » commenta-t-elle pourtant avec douceur et presque une teinte affectueuse nostalgique, en relevant les yeux vers lui. « Je ne suis pas en verre, je ne l'ai jamais été ! Arrêtes de dire des bêtises et admets plutôt que tu avais peur que je ne t'en mette une à toi aussi ! » commenta-t-elle avec un petit rire triste.

Elle soupira et baissa les yeux sur ses fleurs qui n'étaient presque plus... puisqu'elle les avait presque toutes mangées. Tiffany hocha doucement la tête, se demandant toujours comment dire les choses. Pour une fois dans sa vie, elle réfléchissait avant de parler.

-« Honnêtement, notre tante t'a beaucoup défendu... et m'a retenu de ne pas aller te massacrer... Tu lui dois peut-être même ta vie ! Je ne peux pas nier que tu m'as blessé... mes voisins le savent tous aussi... et les pauvres couples qui ont croisé mon chemin à cette époque... aussi ! » admit-elle en riant, se décourageant de son attitude de merde. « Mais... c'est du passé... tu me connais, je ne vis pas dans le passé... Puis, si ce n'était pas arrivé, ma vie aujourd'hui aurait été différente et... je ne l'échangerais pour rien au monde. » ajouta-t-elle avec un sourire sincère, en pensant à son petit Chul Hei. « J'ai souvent pensé à toi, pendant ces années, j'aurais aimé partager certaines choses avec toi... Tu as été un de mes premiers amis ici, après tout. Je ne t'ai jamais vraiment compris... c'est vrai, mais je n'ai jamais vraiment compris quelque chose à quoique ce soit... ! » concéda-t-elle avec un rire embarrassé.

Aujourd'hui, elle pensait comprendre un peu plus de choses à la vie, mais... elle savait qu'elle était encore loin de tout comprendre. La fleuriste se mordit les lèvres, elle parlait sûrement trop. La raison pouvant expliquer cela était pourtant simple : elle ne savait pas si elle le reverrait et aurait la chance d'être honnête avec lui une autre fois. Tiffany regarda à nouveau son pot de fleurs comme s'il avait toutes les réponses... alors qu'il n'en avait aucune. Ou aucune bonne. Elle prit son pot de fleurs à deux mains et le leva doucement, son but n'était pas de réellement lui faire mal... c'était plus pour la symbolique, pour l'exorciser... La québécoise ne voulait que lui donner un petit coup de rien... mais... le pot lui glissa des doigts et tomba plus durement sur la tête du pauvre Jun Ho.

-« OH MY GOD ! JE SUIS DÉSOLÉE ! » s'exclama-t-elle, alors que son pot continuait sa chute pour venir se casser contre le sol, entre eux, après avoir blessé son ex petit ami. « Je ne voulais faire qu'un petit... ''poc !'' pour faire comme si on était égaux ! Et que tu n'aies plus peur de tes idioties de me faire mal ! Désolée, désolée, désolée !! T'es encore en vie? Tu vas bien? » demanda-t-elle, paniquée, en attrapant son visage dans ses mains pour l'examiner.
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Jeu 5 Juil - 10:19
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Are you like medicine or poison ?



Tenue • | Si Tiffany vivait dans le présent, aller de l’avant, lui vivait dans le passer et reculer toujours en arrière. C’était malheureux puisque Jun Ho n’était pas ainsi autrefois, il était celui qui positivait quoi qu’il arrive, celui qui n’avait peur de rien et qu’on croyait invincible à cause de cette esquisse qui ne quittait jamais ses lèvres. Il était unique, il n’y en avait pas deux des comme lui et on appréciait le plus souvent sa compagnie parce qu’il apportait de la chaleur n’importe où il allait. Son sourire était communicatif, celui qui rayonnait et qui nous donnait envie de sourire en retour, celui qui nous donnait envie de connaître ce jeune homme puis de se tenir à ses côtés comme ce meilleur ami qu’il avait toujours auprès de lui. Jun Ho ne tenait jamais en place, c’était vrai et il ne ratait jamais une occasion pour dire une bêtise, pour plaisanter ou pour rire aux éclats. Il était bon vivant, toujours le premier à faire le pitre mais paradoxalement il savait également lorsqu’il était temps pour lui d’être sérieux puis de s’arrêter. Il était le plus souvent de bons conseils, celui qui consolait quand quelqu’un avait de la peine, celui qui offrait gentiment ses bras en guise de réconfort et qui utilisait une voix douce pour rassurer. On ne l’imaginait pas avoir de problème, on l’imaginait toujours avec cet éclat accroché à ses lèvres, songeant que rien ni personne ne pourrait avoir raison d’un tel homme… Il était impensable de concevoir qu’un garçon si vivant et si joyeux puisse s’effondrer un jour. Sauf que l’ancien officier était un être-humain également, s’il essayait constamment d’avancer, de voir le côté positif dans le négatif, il avait ses faiblesses… Il ne pouvait pas sourire alors que celui qu’il considérait comme un frère avait perdu la vie, il ne pouvait pas faire comme si de rien était alors qu’il était le coupable de sa mort et que ses mots résonnaient en boucle dans sa tête depuis ce triste jour. Peut-être que la disparition de son ami avait été une violente claque que le jeune homme s’était pris en pleine face, une claque qui l’avait écrasé si fort qu’il n’avait pas été en mesure de se relever… Après tout, on était insouciant et on pensait que ça n’arrivait toujours qu’aux autres, on pensait être épargné de la cruauté qu’était la vie puis elle nous rappelait sauvagement que non, ce n’était pas le cas. A partir de ce moment, l’homme qu’était Jun Ho n’exista plus… Il était mort en même temps que son meilleur ami qui avait rejoint le ciel. La lueur dans ses pupilles ne brillait plus, elle était fade, dénudée de sens. L’esquisse qui décorait son visage était factice et remplie de faux semblants. Son corps si bien entretenu auparavant avait certainement perdu en muscle et son poids n’était plus le même qu’avant, il avait énormément maigri, incapable de manger correctement.

Et en se retrouvant face à son ex-petite amie maintenant, malgré les regrets et la surprise qu’il éprouvait, il ne pouvait s’empêcher de penser si tout aurait été différent entre eux s’ils s’étaient soutenus après la mort de Min Soo au lieu de s’envoyer des horreurs à la figure. Jun Ho s’en voulait de tout ce qu’il avait pu lui dire, il s’en voulait de ne pas avoir été en mesure de surmonter cet évènement douloureux et d’avoir été égoïste mais oui, à ce moment là, plus rien n’avait d’importance... A présent que du temps s’était écoulé, il était en mesure d’y réfléchir plus sereinement même si la disparition de son meilleur ami restait un sujet sensible malgré les années hors ça ne l’empêchait pas d’être à la fois heureux et plein de nostalgie lorsque le destin mettait celle qu’il avait sincèrement aimé devant ses yeux aujourd’hui.

Comparé à tout ce qu’il avait pu lui balancer violemment à l’époque, au travers cette porte qui les séparait, il ne lui avait jamais souhaité du mal ni même la voir disparaître de son existence pour toujours. Il ne lui reprochait rien et il ne l’avait jamais détesté… Elle était chère à son cœur, plus que ce que Tiffany ne pouvait imaginer et c’était la raison pour laquelle, il était si vulnérable en la retrouvant aujourd’hui. Son cœur la reconnaissait, il n’en était pas indifférent et des tas d’émotions se propageaient à l’intérieur, le chamboulant un peu plus à chaque seconde. Celui qui avait fait erreur dans leur histoire, ce n’était pas elle, c’était lui… Il n’avait aucune raison de la haïr et c’était étrange de constater qu’elle l’accueillait de cette façon sans le mettre à la porte. S’il s’était imaginé la retrouver, jamais il n’aurait pensé qu’elle l’aurait accepté auprès d’elle… Qu’elle lui mette un poing en pleine figure et lui balance brutalement ses quatre vérités aurait été plus logique.

Sans répondre à sa remarque, il l’observa en silence, ne cessant de songer qu’il y avait tout de même quelque chose d’étrange dans son comportement qu’il ne saisissait pas… Tiffany paraissait mal à l’aise, ce qui n’était pas étonnant en soit mais lui n’avait pas l’impression que c’était uniquement à cause de sa présence. Seulement il préféra ne pas relever, songeant que sa vie ne le regardait plus désormais, sans jamais se douter que la raison pour laquelle la fleuriste était si hésitante dans ses paroles, c’était parce qu’elle avait élevé son fils dont il ignorait l’existence. Souriant doucement à la place, il l’observa en silence manger ses fleurs, se souvenant parfaitement du jour où elle l’avait motivé à en goûter une et que contre toute attente, il avait trouvé cela extrêmement délicieux. Ce n’était qu’ensuite qu’il exprima ce qu’il avait sur le cœur, lui avouant ainsi qu’il ne souffrait pas de sa présence, c’était même le contraire d’ailleurs, mais qu’il ne souhaitait pas lui imposer la sienne.

Toutefois, ce que la jeune femme fit ensuite l’obligea à écarquiller légèrement les yeux, la fixant en silence tandis qu’elle essayait de l’inciter à manger le gâteau. Trop étonné par la situation, ses lèvres avaient réagi d’elles-mêmes afin d’en croquer un autre morceau avant qu’il ne se recule vivement, une expression gênée dessinant ses traits alors qu’il déposait le reste du cupcake sur la table. « Ce n’est pas un gâteau qui va me faire grossir tu sais ? » Lui dit-il alors, un sourire aux lèvres, amusé mais aussi attendri de sa réaction. « Mais ne t’en fais pas, je vais finir de le manger, promis. » Si ce n’était pas maintenant, ce serait plus tard dans la journée… Cela faisait si longtemps qu’il n’avait rien reçu de la part de son ex-petite amie et c’était quelque chose de précieux qu’il, malgré tout, refusait de gâcher. Cependant puisqu’il avait pris l’habitude de ne plus manger énormément, il n’était pas capable de trop se forcer si l’appétit n’était pas présent.

Ses prunelles s’égarèrent dans sa direction quand la fleuriste reprit la parole, le traitant ainsi d’idiot pour son attitude. Une réflexion pour laquelle l’ancien officier ne put retenir l’éclat qui avait étiré ses lèvres. Du Tiffany tout craché. « D’où est-ce que j’aurais peur de ça ? » A cette période, il affrontait les plus grands criminels et risquait sa vie à tout moment. Sans lui laisser le temps de répondre, il enchaîna «  Je l’aurais mérité. » C’était la vérité puis qui savait si ça ne lui aurait pas permis d’avoir les esprits clairs. Sur ses dires, il ne put faire autrement que lui arborer un sourire des plus sincères, un sourire mélancolique dans lequel se reflétaient tous les regrets qu’il ressentait de cette époque. Peut-être que Tiffany était allée de l’avant, peut-être qu’elle avait pris sur elle et ne le détestait plus aujourd’hui néanmoins à ses yeux, il ne pouvait se tenir devant elle comme si de rien était alors qu’il n’avait jamais corrigé les erreurs qu’il avait faites autrefois.

Sans daigner l’interrompre, sans détourner ses iris de son visage, il l’écouta lui parler en silence. Il y avait des choses qu’il ne comprenait pas parce qu’il ne voyait pas en quoi sa vie serait différente aujourd’hui à cause de lui… Peut-être en avait-elle pris de bonnes leçons et avait pu rencontrer cet homme qui la rendait heureuse. Si c’était cela, alors c’était tout ce dont Jun Ho lui souhaitait. Qu’elle se confie à lui de cette façon, qu’elle lui fasse comprendre qu’elle ne lui en tenait plus rigueur, peu importait ce qu’il pensait, ça lui retirait un poids du cœur… Parce que malgré ses actes, il n’avait jamais désiré rien de plus que son bonheur et ce, même s’il ne l’avait jamais assez prouvé… Cela lui faisait plaisir de constater ô combien Tiffany avait bien grandi, à quel point elle était devenue une femme et pas que physiquement, psychologiquement aussi. « Même si c’est du passé, ça n’empêche pas que je suis désolé pour ce que j’ai pu faire et dire. » Il ne parlait pas que de la fin de leur relation mais également de ses agissements lorsqu’ils étaient ensemble, de ne pas lui avoir assez fait sentir qu’il l’aimait du plus profond de son cœur, de ne pas avoir été en mesure de lui donner toute l’attention qu’elle méritait, de ne pas avoir su sécher ses larmes quand elle pleurait, de n’avoir été qu’un idiot du début à la fin. Soufflant légèrement après avoir rétorqué ces dires, il plongea ses prunelles aux creux des siennes, une brillance indescriptible s’y lisant à l’intérieur avant qu’il ne reprenne aussitôt « Vraiment, je suis désolé. » Des choses à dire, il en avait tellement mais plus que tout, ce qu’il souhaitait qu’elle sache était à quel point il avait regretté ses actes. Certes, cela ne modifierait jamais le passé et il ne cherchait pas à le faire non plus néanmoins pour pouvoir tourner une page, pour pouvoir vraiment aller de l’avant, il fallait d’abord pouvoir rétablir une vérité qui avait été dissimulé pendant trop longtemps.

Ce qu’il s’était passé ensuite, l’ancien officier ne l’avait pas vu venir, il n’avait pas compris non plus. Tout s’était déroulé si vite que non, il n’avait rien saisi à la situation… Et tout ce dont il avait été capable de discerner était cette douleur qu’il avait ressenti au niveau de son crâne alors que le reste des morceaux du pot s’écrasaient les uns après les autres sur le sol et qu’il se sentait quelque peu sonné.  Ses yeux la fixaient, incrédules tandis que du sang commençait à s’écouler le long de sa figure… Incapable de réagir sur le moment, choqué par ce qu’il venait de se passer, il ne bougea pas d’un millimètre. Ce n’était que lorsqu’il fut en mesure de sentir ce liquide qui s’abattait sur sa joue qu’il se recula vivement, se décalant ainsi de l’emprise de la jeune femme, avant que ses propres mains n’aillent toucher son visage. Ses pupilles s’écarquillèrent et sa bouche s’entrouvrit sous le choc par la couleur rouge que prenaient ses paumes… Sa respiration s’accéléra de plus en plus, sa vision se troubla alors que ses pas marchèrent légèrement en arrière jusqu’à ce qu’incapable de tenir, ses genoux fléchirent par le surplus d’émotions qui grimpaient en lui. Du sang. Il y avait trop de sang.

Les images défilaient dans son esprit et tout ce qu’il parvenait à entrevoir était le corps inerte de son meilleur ami, cette flaque rouge qui peignait le sol et ses mains imbibées de tout son sang…  C’était un véritable cauchemar, comme s’il revivait cet instant avec violence et intensité. Des larmes déferlaient naturellement le long de ses joues alors qu’il ne réussissait pas à calmer son souffle qui suffoquait. Il ne discernait rien de ce qui l’entourait, il n’y avait que ce liquide sur ses paumes, que ses souvenirs douloureux et cruels qui lui poignardaient l’âme alors qu’il ne parvenait pas à revenir à la réalité. Ce n’était rien de grave, ce n’était qu’un peu de sang qui s’était écoulé avec abondance à cause de l’endroit sensible où il avait été blessé mais ça avait été suffisant pour raviver brutalement de profondes cicatrices.

Si Tiffany le trouvait déjà changer alors assurément qu’elle devait être extrêmement choquée face à une telle attitude. Jun Ho était l’exemple même de la force et du courage, il n’avait pas peur de foncer tête baissée, il n’avait pas peur de se blesser ou de blesser les hommes les plus dangereux… Il s’était blessé plus d’une fois pour des bêtises, il avait assisté à des morts étranges, dramatiques et cruelles mais il n’avait jamais détourné l’œil. Souvent, avec Min Soo, ils racontaient les cas horribles sur lesquels ils avaient dus travailler et évidemment que si quelques gouttes de sang le terrifiaient, l’ancien officier n’aurait jamais pu participer à de telles affaires. Donc non, malheureusement, il n’était plus l’homme qu’il était autrefois.



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Are you like medicine or poison? [PV Jun Ho]

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